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Avant propos

Renaud ABORD de CHÂTILLON (69), conseiller technique auprès du ministre de l'Environnement

L'environnement constitue désormais une des préoccupations majeures et permanentes des responsables politiques, administratifs et économiques. Certes, le souci de la sécurité industrielle a toujours été présent au sein du monde. Depuis vingt ans, l'environnement touche progressivement tous les compartiments de la vie d'une entreprise, les procédés, les produits, la sécurité, les transports.

Mieux, il contribue à l'image de marque positive de l'entreprise. On voit notamment fleurir des publicités au slogan écologiste comme, par exemple, celui de la SNCF : TGV = zéro pollution atmosphérique. Le marketing vert a de beaux jours devant lui, l'environnement est un argument de vente.

A contrario, les responsables des entreprises doivent tenir compte des sensibilités des populations face aux atteintes à la santé et à la nature. Ils sont aussi confrontés à des risques "environnement" dont les conséquences peuvent éventuellement être financières ou pénales.

L'industrie aime pouvoir agir dans un cadre stable et aussi bien défini que possible car elle travaille dans la durée : investir dans une installation ou dans le lancement d'un produit est une décision lourde qui engage généralement l'avenir pour plusieurs années ou même pour des décennies. Ses dirigeants voient donc avec inquiétude les évolutions incessantes des lois, règlements, accords internationaux, décisions de justice qui concernent l'environnement.

L'incertitude plane donc à la fois sur les conséquences futures des décisions mais aussi sur celles des actes passés, parfois d'un passé lointain comme celui inscrit dans les sols pollués. Les chefs d'entreprise peuvent de plus en plus difficilement se protéger par la voie connue de l'assurance, car les assureurs, eux-mêmes échaudés par des expériences malheureuses, sont devenus extrêmement sélectifs dans les risques qu'ils acceptent de couvrir.

C'est une situation dont Corinne Lepage, ministre de l'Environnement, a depuis longtemps conscience. Il n'y a pas de solution miracle. En effet, si ce souci de protéger la nature est désormais partagé par une grande majorité des pays du monde entier, comme l'a montré la conférence de Rio, la définition de nouvelles règles de conduites et l'émergence d'un droit de l'environnement, droit fondamental appuyé par les outils nécessaires pour le faire respecter au plan national et international, prendront du temps.


L'Union européenne, et la France en son sein, sont particulièrement actives et le ministère de l'Environnement uvre pour aider à la mise en place de règles claires qui n'entravent pas la compétitivité de nos entreprises dans la bataille économique internationale qu'elles doivent aujourd'hui livrer.

Mais, comme beaucoup d'industriels le montrent chaque jour, et parmi eux les Français sont de plus en plus nombreux, ces sensibilités nouvelles des populations sont aussi une chance à saisir pour promouvoir son image et ses produits, non plus à l'échelle de la France ou de l'Europe mais à celle du Monde. Quant à l'incertitude, elle a toujours été la marque de la vie. Elle a simplement acquis une dimension nouvelle qu'il faut également interpréter comme un accroissement des chances, mais qui exige certainement la remise en cause de certaines habitudes.

Je suis convaincu que les lecteurs de cette revue sont prêts à relever ce défi comme ils ont su, dans le passé, le faire pour surmonter d'autres difficultés.

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