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La prolifération nucléaire est-elle indissociable du nucléaire civil ?
DECEMBRE 2005
Parmi les inconvénients mentionnés dans les débats quand il est question d'énergie nucléaire civile, on trouve souvent, aux côtés des déchets ou des accidents de centrale, la crainte de voir se multiplier les armes nucléaires, par suite du " détournement " de procédés initialement prévus pour un usage civil. Cette crainte est ancienne, puisque dès les années 1940 Frédéric Joliot-Curie, l'un des pionniers de la fission et qui fut le premier Haut Commissaire à l'Energie Atomique en France, écrivait qu'il fallait empêcher par tous les moyens les usages militaires de l'atome, tant il lui semblait que la frontière était ténue entre usages militaires et usages civils.La prolifération, c'est-à-dire la dissémination dans le monde d'armes atomiques, est-elle inéluctable dès lors que l'on maîtrise les technologies nécessaires pour la fission de l'uranium ou du plutonium dans un cadre civil ? Toutes les filières civiles, en incluant les dispositifs de production, d'enrichissement et de retraitement, sont-elles également susceptibles d'être " détournées " à des fins militaires ? L'accès à la bombe atomique suppose-t-elle nécessairement que soit maîtrisée l'étape " production d'électricité " ? Quelles garanties offre l'action de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique, qui a en charge de concourir à la non-prolifération, et surveille nombre d'installation civiles ?
Le débat, animé par Jean-Marc Jancovici (X 81), membre du bureau d'X-Environnement, a été introduit par les trois conférenciers suivants :
- Georges le GUELTE, directeur de recherches à l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques, qui fut Directeur à l'Agence Internationale de l'Energie Atomique et Adjoint au Directeur des Relations Internationales du CEA, a fait un panorama historique de l'accession à l'arme atomique, et des moyens employés, pour les puissances nucléaires actuelles,
- Bertrand BARRE, président de la Société Nucléaire Européenne, et qui fut Directeur de la Recherche de la Cogema et Directeur des Réacteurs Nucléaires au CEA, a apporté un éclairage sur le potentiel plus ou moins proliférant ou non-proliférant des différentes technologies civiles utilisées, y compris les stades amont (préparation du combustible) et aval (retraitement) ;
- Pierre GOLDSCHMIDT, ancien directeur général adjoint de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique et Chef du Département des Garanties, a présenté le rôle de l'AIEA dans le cadre de la non-prolifération, avec bien sûr un approfondissement particulier sur le Traité de Non Prolifération