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Les nuisances olfactives
DECEMBRE 2003
"Les odeurs de la charogne et de l'excrément inaugurent ce cycle de l'imprégnation et de la transpiration du sol, ce dialogue de la terre et de l'air qui pose désormais comme essentielle l'histoire des débris organiques. L'aboutissement, ce pourrait être l'enfer, la mutation de la ville en marécage de sanies. Toutefois, la recension des analyses olfactives du sol et de ses émanations putrides, qui dessine l'urgence édilitaire de ce temps, ne doit pas faire oublier la prégnance sur l'imaginaire des puanteurs de la vase." (Alain Corbin, Le Miasme et la Jonquille, l'odorat et l'imaginaire social aux XVIII et XIXème siècles, Editions Flammarion, Champs 1986)
L'odorat et la perception des odeurs, autrement dit l'olfaction, intègrent de nombreuses données objectives chimiques, physiologiques et sensorielles. Mais l'appréciation personnelle et collective des odeurs est éminemment complexe avec un forte détermination culturelle. Rappelons nous qu'au XVIIe siècle on aimait les parfums d'origine animale (musc, civette, ambre gris) pour chasser d'autres fortes odeurs naturelles de corps et de rues remplies d'immondices. Or ces parfums ont largement cédé la place aux parfums d'origine végétale. Et parallèlement depuis deux cents ans on a mis en oeuvre des forces sanitaires et policières impressionnantes pour remplacer "l'homme fumier" par "l'ouvrier inodore".
Actuellement les stations d'épuration, les déchetteries, les porcheries industrielles, et diverses industries chimiques sont de plus en plus la cible de plaintes de riverains. Depuis la première loi sur l'Air du 2 août 1961 qui réglemente, de façon générale, les émissions de gaz et d'odeurs, l'arsenal législatif et réglementaire s'est étoffé jusqu'au Code de l'Environnement du 18 septembre 2000. Les pouvoirs publics, ont d'ailleurs mis en place une politique d'observations de terrains via des expériences pilotes de reconnaissance et de métrologie de odeurs, en particulier en Normandie, en Provence-Alpe-Côte d'Azur et en Alsace. Mais il s'agit aussi de mettre en place les moyens de réduire les odeurs gênantes à la source, en demandant aux exploitants des installations odorantes de faire évoluer leurs procédés de traitement des odeurs.
Le débat, animé et préparé par Jérôme PERRIN, membre du bureau d'X-Environnement, a été introduit par trois conférenciers :
- M. Jean-Noël AUBERT, de l'Université du Havre, fondateur avec la société IAP-Sentic de la méthodologie d'analyse olfactive du " Champ des Odeurs ®", constituée d'une collection organisée de référents quantitatifs.
- Mme. Véronique DELMAS, directrice d'Air Normand, agence régionale de Normandie, membre agréé du réseau ATMO, qui intègre depuis une quinzaine d'années le thème des odeurs dans son rôle d'Observatoire de la Qualité de l'Air, et qui coordonne des réseaux de "Nez",
- M. Lionel POURTIER, Docteur en neurosciences, directeur de EOG SA, société du groupe GED qui intervient en milieu industriel sur l'approche réglementaire et la stratégie de réduction des nuisances olfactives