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X-ENVIRONNEMENT MANIFESTATIONS PASSÉES

Catastrophes Industrielles : retour d'expérience et gestion du risque

NOVEMBRE 2002


En juillet 1976, à Seveso, l'emballement réactionnel d'une usine de trichlorophenol a entrainé un rejet de dioxine dans l'atmosphère affectant plusieurs centaines de personnes et contaminant pour plusieurs décennies les terrains environnants. Seveso est devenu l'archétype du risque chimique en Europe puisque cette ville à donné son nom à deux directives européennes et à une échelle de classification des sites industriels.

En décembre 1984, à Bhopal, une fuite d'isocyanate de methyle et d'autres gaz toxiques d'une usine d'Union Carbide a causé plusieurs milliers de morts en une semaine, et un nombre au moins égal par la suite, sur un total de plusieurs centaines de milliers de personnes affectées. Bhopal est assez représentatif de l'accident industriel causé par une multinationale dans un pays du tiers monde, avec des procès toujours en cours malgré l'antériorité de l'événement.

En Septembre 2001, à Toulouse, un stock de nitrate d'ammonium de l'usine AZF a explosé, causant une trentaine de morts, deux mille blessés et des dégats considérables, avec la peur retrospective du risque de rupture d'une canalisation de phosgène de l'usine de la SNPE voisine. Toulouse a entrainé un grand débat national sur les risques industriels et un rapport (Philippe Essig) préconisant une nouvelle "culture de sécurité" pour "vivre avec le risque industriel"

Ces trois exemples illustrent la variété des causes, des situations et des conséquences de catastrophes industrielles. Dans chaque cas il y a d'abord un bilan à faire du point de vue chimique, biologique, psychologique, sociologique, économique, financier, juridique etc... d'abord à court terme sur ce qu'il y a de plus spectaculaire dans les effets, les comportements, les mesures prises et les engagements annoncés dans la foulée, puis à moyen et long terme sur ce qu'il peut y avoir de plus insidieux, dans les contaminations et les maladies, les procédures interminables, les corruptions ou les promesses non-tenues, ou au contraire de plus positif dans les nouvelles mesures de prévention du risque et les nouveaux droits reconnus aux victimes.

En France, il y aura un avant et un après Toulouse. La relation entre l'entreprise et ses salariés, entre l'entreprise et son environnement, s'en trouvent modifiées. La prise de conscience par la population que les usines classées Seveso sont très nombreuses sur notre territoire et que le risque improbable peut se produire, et en même temps le fait que les industries chimiques jouent un rôle capital dans le tissu économique français, imposent de revoir les procédures de prévention et la politique d'aménagement du territoire.

Pour autant le "Risque Zéro" est une utopie. Il faut donc apprendre à gérer le risque technologique dans les organisations industrielles ou étatiques. Mais au delà, et peut être en dépit des procédures applicables en situation de crises, il faut peut-être apprendre à s'entrainer à la surprise. Quelles sont les raisons qui font qu'une organisation complexe maintiendra un niveau élévé de performance tandis qu'une autre connaîtra des défaillances systémiques qui pourront dégénérer en accident?

Le débat, animé et préparé par Jérôme PERRIN, membre du bureau d'X-Environnement, a été introduit par trois conférenciers :

  • M. Mohamed Larbi BOUGUERRA, professeur à l'Université Internationale Francophone L. Senghor à Alexandrie, consultant OMS et UNESCO, ancien directeur de recherche au CNRS, a faitun retour d'expérience sur le cas précis de Bhopal en analysant les causes et les effets de l'accident, la manière dont les différents acteurs (entreprises, pouvoirs publics, population, victimes) ont réagi dans l'urgence et par la suite, et les conséquences que cet accident a eu dans la gestion ultérieure du risque chimique. Il assortit cela d'un bref panorama sur les crises majeures d'origine chimique, en particulier dans les pays du tiers monde au cours de deux dernières décennies ;

  • M. Bruno CAHEN, chef du Bureau du Risque Technologique et des Industries Chimiques et Pétrolières (BRTICP) au sein de la Direction de la Prévention des Pollutions et des Risques (DPPR) du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, a exprimé le point de vue des pouvoirs publics chargés de mettre en oeuvre une politique de prévention en appliquant une réglementation et un contrôle par les DRIRE ;

  • Mme. Mathilde BOURRIER, Maître de Conférence en sociologie à l'Université Technique de Compiègne, spécialiste des questions de "fiabilité organisationnelle", a analysé l'incidence de l'organisation sur les comportements (de transgression ou de suivi des règles) dans le fonctionnement dit "normal" des industries à risque.

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