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Pratiques agricoles respectant l'environnement
MARS 2003
En un demi-siècle l'agriculture française a connu une véritable révolution : emploi de variétés de plantes et de races animales beaucoup plus productives, généralisation des engrais minéraux ou de synthèse, des phytosanitaires (herbicides, fongicides, insecticides...), mécanisation et diminution de la main d'oeuvre, augmentation considérable de la surface moyenne des exploitations, développement des élevages hors sol. Pendant la même période, la part des dépenses alimentaires des ménages a fortement baissé tandis que la proportion en valeur des produits transformés augmentait. En monnaie constante, le prix moyen des produits a été divisé par un facteur de l'ordre de 3 et les marchés internationaux, largement gouvernés par le niveau des subventions nationales, poussent à la baisse.
L'augmentation de la productivité est devenue un impératif de survie économique pour les agriculteurs professionnels, et cela n'est pas sans effet sur l'environnement et le potentiel patrimonial, les sols en particulier, facteurs d'une agriculture durable.
Pour sortir de cette contradiction entre l'objectif d'une gestion "en bon père de famille", supposant de préserver le capital naturel nécessaire à l'agriculture, et la nécessité d'obtenir une rémunération convenable de leur travail, qui engendre une course au rendement susceptible d'avoir des effets négatifs à moyen ou long terme sur ce même capital, certains agriculteurs tentent de définir et de mettre en oeuvre des pratiques " raisonnées " visant à réduire les inconvénients de la productivité sans y renoncer.
D'autres s'astreignent à respecter, sous contrôle, l'exclusion des engrais minéraux et des pesticides "de synthèse" en pratiquant une agriculture qualifiée de biologique.
Concrètement, que sait-on de la mise en oeuvre de ces pratiques et de leur effet constaté sur l'environnement ? Ces méthodes permettent-elles à l'agriculteur de disposer d'un revenu suffisant pour qu'il puisse perséverer ? Pourquoi les situations locales, en fonction des pays ou régions, peuvent-elles être très variables ? Certaines filières sont-elles plus concernées que d'autres ?
Pour aborder ces questions, le débat, présidé par Yves Egal, ingénieur agronome, animateur du Groupe Agro-Environnement, a été introduit par trois exposés :
- M. François LHOPITEAU, agriculteur, président de l'ITAB (Institut technique de l'agriculture biologique), a exposé le cahier des charges de l'agriculture biologique et a fait part de son expérience concrète de mise en oeuvre. Il a également donné quelques indications sur les aspects socio-économiques de cette filière (revenu à l'hectare, emploi par hectare, etc).
- M. Bernard GUIDEZ, agriculteur, secrétaire général du FARRE (Forum pour une agriculture raisonnée responsable de l'environnement), a exposé les lignes directrices de l'agriculture raisonnée et a également fait part de son expérience personnelle de mise en oeuvre, et des aspects socio-économiques de cette pratique.
- M. Etienne JOSIEN, chercheur au CEMAGREF de Clermond Ferrand, a exposé ce que l'on sait des effets constatés sur l'environnement ou sur la qualité des produits des diverses pratiques agricoles, avec les méthodes d'évaluation utilisées, leur portée et leurs limites.